15/3/2022
6/4/2022

La zone euro fait face à une inflation record, la BCE réagit

Le mois de février a été marqué par une hausse des prix à la consommation de 5,8 % sur un an, un record qui dépasse celui atteint le mois précédent, de 5,1%. Face à ce phénomène, en partie attisé par le conflit en Ukraine, la BCE réagit.

Selon Eurostat - l'office statistique de l'Union européenne - le taux d’inflation dans la zone euro a atteint 5,8 % en rythme annuel en février. Un pourcentage jamais observé depuis la création de l’indicateur en 1997, qui cumule les records depuis le mois de novembre 2021.

Le prix de l’énergie en première ligne

Sans surprise, la hausse des prix de l’énergie explique en grande partie cet emballement des prix à la consommation. En janvier déjà, ils grimpaient de 28,8% sur un an. Le mois suivant, cette hausse représentait 31,7 %.

Par ailleurs, l’alimentaire, l’alcool, et le tabac participent à cette agitation, recensant eux aussi des augmentations de prix (3,5 % en janvier et 4,1 % en février). Les prix des biens industriels ont quant à eux crû de 3 % en janvier, puis 3,5 % le mois dernier. Enfin, la hausse pour les services est plus modérée, mais existante (2,5 % après 2,3 %).

Un phénomène généralisé dans l’union monétaire

La France n’est pas l’unique concernée par l’inflation puisque l’ensemble de la zone euro observe le même phénomène. Quand les Etats baltes font face à des augmentations record (13,9 % en Lituanie, 12,4 % en Estonie...), l’Allemagne (5,1 % en février sur un an), l’Italie (5,7 %) ou encore l’Espagne ( 7,4 %) ne sont pas épargnés.

La crise entre la Russie et l’Ukraine accentue cette tendance

Le conflit en Ukraine vient alimenter les craintes d’une nouvelle envolée des prix dans l’énergie et l’alimentation. Les cours de référence du pétrole brut ont déjà grimpé à des niveaux inédits depuis près de 10 ans, ainsi que le cours européen de référence du gaz naturel, le TTF néerlandais.

Une autre conséquence du conflit actuel concerne le prix du blé meunier et du maïs, la Russie et l’Ukraine faisant partie des plus grands exportateurs mondiaux. C’est également le cas de la tonne d’aluminium dont la Russie est le troisième producteur mondial, et des huiles de soja et de palme.

La fin du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) annoncée par la BCE

Selon certains spécialistes, l’inflation pourrait rester aux alentours de 5 % en moyenne en 2022 dans l’union monétaire. Une préoccupation pour la BCE qui a normalement pour objectif un taux de 2 %. Une réunion de politique monétaire de l’institution s’est tenue ce jeudi 10 mars, pour décider de l’avenir des mesures de soutien monétaire. Lors de cette assemblée, il a été décidé d’accélérer la réduction des programmes d’achat d’actifs, confirmant la fin du programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP) fin mars 2022.  Le programme d’achats d’actifs classiques (APP) passera quant à lui de 40 milliards d'euros en avril 2022, à 30 milliards d'euros en mai et à 20 milliards en juin. Concernant le calibrage des achats nets pour le troisième trimestre 2022, la BCE déclare qu’il dépendra des données économiques. Avec ces annonces, elle semble vouloir commencer à normaliser sa politique monétaire face à cette inflation qui continue de grimper. Ces déclarations ont eu pour effet de faire chuter les Bourses européennes, inquiètes des répercussions du conflit russo-ukrainien et du choix de la BCE d'accélérer le retrait de son soutien monétaire.

Source :

élément décoratif turquoise

Repensez les métiers du financement multipartenaire avec KLS

Vous souhaitez échanger avec l’équipe ou obtenir des compléments d’information sur KLS et ses produits ?